12/10/2009Moins consommer, un leitmotiv à la mode. Et quand on s’appelle MiTo, italienne et sportive, cela passe par la respiration de la mécanique…
Mine de rien, ces Italiens sont de sacrés numéros, et quand il s’agit d’innover en matière mécanique, ils pointent toujours parmi les meilleurs élèves de la classe. Souvenez-vous de l’époque où fut introduite l’injection directe en diesel. Aujourd’hui, c’est une évidence, l’injection directe (en 1986 sur la Croma) et la “rampe commune” (1996, Alfa 156) représentent les références absolues dans ce domaine. Grâce à elles, puissance et consommations raisonnables sont devenues compatibles. Eh bien ! Ces idées géniales venaient en droite ligne de la péninsule italienne !
Aujourd’hui, le groupe Fiat tente de remettre le couvert et de proposer un système qui devrait – selon lui – révolutionner le moteur, à essence cette fois-ci. Son nom : MultiAir. Nous n’allons pas entrer dans trop de détails techniques, mais sachez que cela touche à l’alimentation du moteur. En faisant varier la quantité d’air admis (en travaillant sur une distribution variable des soupapes d’admission), les motoristes parviennent à offrir plus de puissance et de couple tout en abaissant les consommations. Les plus avertis nous rétorqueront que le calage variable existe déjà chez quelques constructeurs, dont BMW qui en a fait sa spécialité. C’est vrai, mais seulement sur le principe car l’application de cette technologie italienne tient à sa simplicité de fonctionnement (électro-hydraulique) et à sa gestion cylindre par cylindre. Autrement dit, un tel système sera peu onéreux à produire et “intégrable” sur n’importe quel moteur pourvu la cartographie adaptée, évidemment.
Nous avons pu prendre brièvement le volant de la première auto à bénéficier de cette technologie, la MiTo, fer de lance chez Alfa. L’auto essayée était équipée d’un bloc essence 1.4 doté d’un turbo et de ce système MultiAir qui délivre alors 135 ch. À noter que deux autres modèles seront aussi proposés aux clients : un moteur sans turbo (105 ch) et un autre, plus puissant, atteignant la bagatelle de 170 ch (ce dernier sortira début 2010). Sur un circuit fermé, nous avons réalisé quelques tours dans différents styles de conduite : tantôt économique, “normal” et plutôt sportif. Bien sûr, le circuit ne remplace pas la route réelle. D’ailleurs, la MiTo équipée d’origine d’un système stop/start devrait mieux se comporter (en terme de consommations) en ville où les arrêts forcés sont nombreux. Chez Alfa, on annonce 10 % de baisse, mais surtout des rejets nocifs moindres.
Ainsi, outre le CO2 lié directement à la conso, le MultiAir diminue drastiquement les particules (40 %) et le NOx pour près de 60 % ! Les mesures de l’ordinateur de bord étaient un peu moins optimistes, même si sur le mode le plus doux, nous sommes parvenus à descendre sous les 7 litres aux 100 km, ce qui n’est pas mal pour un moteur sortant 135 ch. Bref, un essai qui demande à être complété sur nos routes habituelles, mais l’agrément de conduite conservé et la certitude de ne pas “surconsommer” vaut déjà une belle mention au profit du groupe italien.
